La Banque Nationale Suisse a pour but de conduire la politique monétaire dans l’intérêt du pays. En bref, elle contrôle l’inflation en Suisse et assure une stabilité des prix. Après la crise de 2008, la BNS transfert les actifs toxiques de l’UBS (60 milliard de dollars) pour stabiliser la place financière. Aujourd’hui ces actifs sont réduits à 10 milliard de USD, mais ils n’ont pas encore tous été liquidés. Pour M. Philipp Hildebrand, Président de la BNS, la Suisse s’est bien remise de la crise, au 3ième trimestre 2010, la Suisse a atteint le niveau du PIB d’avant la crise. En 2011, le PIB aurait augmenté de 2%, le chômage aurait baissé et il y aurait une petite inflation de 0,8% (en 2010 de 0,7%). Mais est-ce que la théorie correspond à la réalité? la stratégie de la BNS est-elle vraiment efficace?
Le fait que le taux de chômage aurait baissé en 2011 par rapport à 2010, me semble un peu tronqué. En effet, personne ne nous dit comment le taux de chômage est calculé. Qu’est-ce qui est pris en compte? les chômeurs placés dans des emplois à durée limitée ? Et les personnes à l’hospice? En tous cas, autour de moi je constate qu’il y a de plus en plus de personnes sans emploi! Lorsque l’on me dit que l’augmentation des prix est limitée, je constate que la TVA a augmenté, et que la vie en générale est plus cher (mais mon salaire lui ne change pas, et chez certains il baisse). La BNS intervient sur le marché pour éviter une évaluation du francs suisse et assurer une stabilité des prix à long terme. Pour l’instant, les prix augmentent.
Même si la Suisse se porte bien dans le contexte actuel, il ne faut pas minimiser la crise mondiale et la dette européenne. La dette européenne a diminué, mais le problème existe toujours et la Suisse doit faire face à de nombreux défis. De plus, la crise au Moyen-Orient et la catastrophe au Japon peuvent faire augmenter le prix de certaines ressources (le pétrole, alimentations…) et donc provoquer une hausse des prix.
Le positif c’est que nos exportations se portent bien selon M. Hildebrand, il y a une évolution constante depuis mi-2010. “Nos exportations sont performantes, diversification des produits, exportation des produits de très haute gamme vers l’Asie et les marchés émergents”. Nos pays voisins nous permettent aussi de booster notre croissance: l’Allemagne a un taux de croissance plus élevé, et nous avons beaucoup de rapports commerciaux avec ce pays.
Cependant, la Suisse doit se méfier, car si nos exportations (effet de change) se portent bien, il y a le marché domestique (effet des taux). Si les taux d’intérêts se maintiennent à zéro, c’est un risque pour le marché domestique (ex: le marché immobilier). Le francs suisse risque d’augmenter des deux côtés et déséquilibrer la balance des paiements. Il faut que les deux côtés trouvent un équilibre.
Il y aussi un besoin de rééquilibrer l’économie mondiale, même si globalement on résiste à l’appel du protectionnisme.
Indépendante, la Banque ne doit pas subir les influences politiques et doit prendre des décisions seule. En tous cas c’est ce qu’affirme le M. Philipp Hildebrand.
La BNS maintient donc une politique expansionniste et prédit un taux de croissance du PIB de 2% pour l’année 2011. La stabilité des prix semble être assurée à court terme. Les prix vont continuer d’augmenter en 2012(1,1%) et 2013 (2%). Certains partis politiques critiquent clairement les positions de l’institution et remettent en cause son existence.
Cela dit les résultats de la politique de la BNS ne seront connus que dans quelques années…
Photo:@Keystone