“Il n’aime pas l’Afrique”, voici les premiers mots du livre de Gilles Labarthe, Sarko l’Africain, qui est remonté aux sources de la politique de Sarkozy pour mieux saisir la logique du Président français en Afrique.
Au fil des témoignages, ce journaliste d’investigation, a rassemblé les pièces d’une politique gardée secrète. Dans la lignée de Jacques Foccart, qui prônait l’exclusivité des affaires africaines au Président et la non-transparence, Sarkozy mène une politique opaque envers l’Afrique. Gilles Labarthe nous parle de Achille Peretti, qui a sans doute influencé la vision de Sarkozy. M. Peretti cultivait déjà le culte du secret sur les affaires africaines. Il avait un intérêt pour les ressources africaines, tel que le diamant qui permettait de financer des opérations secrètes. Dans les années 70, il est le premier mentor de Nicolas Sarkozy et il lui conseille de “mettre les dirigeants africains dans sa poche pour réussir sa carrière politique”. Une bonne partie de la politique africaine de Sarkozy se fait en secret et le ministère des affaires étrangères est souvent mis de côté dans ses décisions. Charles Pasqua sera lui aussi l’un des mentors de sa carrière. Ce dernier a été condamné en 2009 dans une affaire de vente d’armes en Angola
Influencé par différents personnages, dont Paul Desmarais, milliardaire canadien et ami de Sarkozy, qui est actionnaire de grands groupes énergétiques français, il va alors adopter une politique de défense des intérêts français en Afrique, comme le pétrole, le gaz et le nucléaire.
Pour Gilles Labarthe, Sarko est dans une continuité politique en Afrique. La France ne veut pas intervenir en Côte d’ivoire, parce-que sous le régime de Gbagbo les affaires étaient juteuses pour les entreprises françaises et que le Président est aussi proche de Ouattara. En RDC, la France a un contrat d’exploitation de l’uranium sur tout le territoire. Ce qu’il faut savoir c’est que « l’Afrique est un continent qui ne lui plait pas, mais il va mouiller sa chemise pour Total ou Areva.» Il privatise à haute dose et se focalise sur les intérêts économiques de la France.
« Sarkozy ne veut pas s’impliquer en Afrique, il veut réaliser des coûts : des coûts médiatiques (comme par exemple l’action envers les infirmières bulgares), économiques (défense des intérêts français) et politique (il veut détourner l’attention des français en période de crise). Critiqué sur son non-interventionnisme dans la région du Moyen-Orient, son action en Libye est une façon de faire oublier son manque de réaction en Tunisie ou en Egypte (à savoir qu’il est ami avec Ben Ali et Moubarak), surtout une année avant les élections. En plus, il se rapproche, dans cette action commune, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.
Une année avant les élections, il est primordial pour les candidats français de connaître l’Afrique et ses dirigeants. Même si Sarko arrive en fin des sondages, il a l’avantage de connaître mieux que ses concurrents les dirigeants africains, dont certains lui ont apporté publiquement leur soutien lors des élections de 2007. D’ailleurs les futurs candidats se dépêchent de se rendre sur le continent…
En Afrique, Sarkozy fait donc « son job », comme il le dit. Moins visible que son prédécesseur dans sa façon d’agir, il entretient une politique gaulliste et ne s’intéresse qu’aux intérêts de la France. Pour Gilles Labarthe, les rapports du Président avec l’Afrique sont les clefs de son succès politique.
Pour en savoir plus, lisez le livre de Gilles Labarthe « Sarko l’Africain » aux éditions Hugo&Cie.
Caricature@www.chahada.com/caricature.html
